de Patrick Scemama

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La République de l'Art
Bientôt Noël

Bientôt Noël

C’est bientôt Noël et la saison des cadeaux. Dans cette période particulière, où l’on vit au rythme de l’évolution de la crise sanitaire, les galeries, qui ont pu rouvrir avec les commerces dits « non-essentiels », s’adaptent et modifient leurs programmes en fonction des circonstances. Elles cherchent aussi à proposer des expositions festives, qui sortent de la morosité et permettent de se faire de petits plaisirs sans se ruiner. Nous en avons sélectionné quelques-unes : 

-Comme d’habitude, la Galerie de Multiples de Gilles Drouault est en première ligne. Car elle édite essentiellement des multiples, c’est-à dire des pièces qui sont par nature à des prix plus abordables que les pièces uniques. Cet hiver, elle présente encore sa collection 100 pour 100 (des œuvres tirées à 100 exemplaires et vendues 100 euros) et qui regroupe des artistes de la trempe de Benoit Maire, Jonathan Monk, John Armleder ou Ann Craven (dernières parutions, entre autres: Katinka Bock, Charbel joseph H. Boutros, Cécile Bart, Gaëlle Choisne). Mais elle a demandé aussi à Eric Croes, un céramiste de renom, de concevoir une exposition de pièces -cette fois uniques- de sa spécialité et celui-ci a fait appel à son tour à une douzaine de ses collègues pour produire des œuvres autour d’un thème : le vide-poche (d’où le titre de l’exposition : « Les Mains dans les poches »). Cela va donc de Florent Dubois, qui a conçu une série de « Bonshommes », à Jean-Baptiste Bernardet qui a imaginé de très beaux « Pavillons » émaillés à l’intérieur en passant par Clémentine Vaultier (une série de petite « Piscines »), Thomas Mazzarella (une variation sur Léda et le Cygne) ou Eric Croes lui-même. Une seule exception : la designeuse matali crasset qui a préféré travailler le bois. L’ensemble est gai, divertissant, imaginatif et les prix vont de 200 à quelques milliers d’euros. A noter que d’autres éditeurs comme Dilecta (www.editions-dilecta.com) ou Bernard Chauveau (www.bernardchauveau.com), même s’ils ne proposent pas de pièces spécifiques pour cette période de Fêtes, font une réduction de 10 ou 15% sur l’ensemble de leur catalogue. 

-Autre exposition qui allie avec intelligence l’art à l’utilitaire, celle proposée par la galerie Alain Gutharc autour du vase. « Car les vases, précise le communiqué de presse, sont multiples par leur taille et leurs matières, mais surtout par ce qu’ils véhiculent. Ce sont en premier lieu des contenants destinés à accueillir des végétaux, mais aussi des concepts, des reflets de l’époque et des usages en cours, des indicateurs de qui nous sommes et de ce que nous voulons paraître. Ce sont des objets qui font le lien entre l‘extérieur et l’intérieur, entre la nature et le domestique. Ils permettent à la flore, née sous le soleil, bercée par le vent, arrosée par la pluie, de croiser un monde hermétique aux forces de la nature. » 

Et ces objets, plus complexes qu’on ne pouvait l(imaginer, ce sont aussi bien des artistes de la galerie comme Philippe Million, Laurent Goumarre ou Suzanne Husky -qui y fait part de ses préoccupations écologiques et féministes- que des designers comme Ettore Sottsass qui les ont imaginés. Les prix vont de 280€ pour un vase très humoristique de ce dernier (Shiva Rose, édition) à 5500 pour une très belle terre cuite d’Edi Dubien, qui a une exposition très remarquée, en ce moment, au MAC de Lyon (pièce unique). Là encore, chacun peut y trouver son bonheur en fonction de sa bourse et des fleurs qu’il compte y mettre et un débat intéressant s’établit entre pièces de design et œuvres d’art. A noter qu’un autre excellent éditeur d’objets utilitaires conçus par des artistes, We do not work alone, qui vend surtout en ligne, s’installe du 10 au 22 décembre au 58 de la rue du Verbois, 75003, Paris, pour y montrer ses dernières productions. Parmi elles, des draps de bain de Nina Childress (130€) ou d’irrésistibles bouchons en têtes de chat d’Alain Séchas (50€). 

Mais il n’y a pas qu’à Paris qu’on peut s’offrir de l’art à pas (trop) cher. A Nice aussi, la galerie Espace à vendre propose sous le titre « Bons Baisers de Nice », une exposition de 70 artistes avec lesquels elle a collaboré un jour ou l’autre et qui, pour beaucoup, ont envoyé leurs œuvres par la poste. Cela va de Thierry Lagalla à Arnaud Labelle-Rojoux, en passant par Emmanuel Régent, Arnaud Maguet, Philippe Mayaux, Karine Rougier, Quentin Euverte et bien sûr l’inévitable Ben. L’ensemble est varié, on trouve un peu toutes les techniques, tous les genres et certaines œuvres sont affichées à des prix intéressants, comme les très beaux dessins d’oiseaux faits à partir de rouille de Lionel Sabatté (700 euros). 

Enfin, il y a les galeries qui n’ont pas fait le choix de présenter des œuvres spécialement pour Noël, mais qui ont voulu marquer de manière particulière la fin de cette année éprouvante. C’est le cas de la galerie Praz-Delavallade qui a voulu donner une note d’espoir en organisant une exposition collective autour de la couleur. “Sous une apparente simplicité thématique, prévient René-Julien Praz, appréhender ce sujet nous impose à nous attaquer à un premier problème, celui de l’ambiguïté de cette notion de la couleur. Cette dernière nous apporte des informations sur le monde qui nous entoure et tout en même temps d’un vécu spécifique, autrement dit d’une propriété relationnelle d’une part et d’une expérience subjective d’autre part. Toute la difficulté consiste en cette position bancale et mitoyenne de la couleur.” 

Pour la tenir, le galeriste a réuni les dessins sulfureux et érotiques de Soufiane Ababbri, les œuvres textiles et subtiles de Golnaz Payani, les peintures un peu pop et faussement kitsch de Guy Yanai et de Pierre Ardouvin, les délicats motifs floraux de Pauline Bazignan ou les silhouettes lascives et langoureuses de Christine Safa. S’immerger dans la douceur ou l’éclat de ces couleurs est un bain de jouvence dans la grisaille et la morosité du ciel parisien. 

Et puis toutes les galeries proposent des pièces avec des discount en cette période de l’année (se renseigner auprès d’elles), on peut aussi soutenir les artistes en leur achetant directement des multiples comme ceux que propose sur son site l’association Artaïs (www.artais-artcontemporain.org) ou conjuguer le plaisir avec l’aide à la recherche contre un autre fléau qui n’a toukours pas disparu, le Sida, en participant à la vente organisée par Yvon Lambert et l’association Aides qui se tiendra demain en ligne sur le site : www.artprotects.com. Pour rappel, il s’agit d’oeuvres originales au format 10 x 15 cm, signées par des artistes connus comme par d’autres, qui le sont moins (on ne le sait qu’après avoir acheté la pièce) et qui sont vendues au prix de 100€ entièrement reversés à l’association. Alors, bonne chance et bons cadeaux à tous! 

Les Mains dans les poches, jusqu’au 5 janvier à la Galerie de Multiples/Gilles Drouault, 17 rue Saint-Gilles 75003 Paris (www.gillesdrouault.com

Vases, jusqu’au 30 janvier à la galerie Alain Gutharc, 7 rue Saint-Claude, 75003 Paris (www.alaingutharc.com

Bons Baisers de Nice, jusqu’au 23 janvier à la galerie Espace à Vendre, 10 rue Assalit, 06000 Nice (www.espace-avendre.com

La Terre est bleue comme une orange, jusqu’au 6 février à la galerie Praz-Delavallade, 5 rue des Haudriettes  75003 Paris (www.praz-delavallade.com

Images:  affiche de l’exposition Bons Baisers de Nice à la galerie Espace à Vendre; vue de l’exposition Les Mains dans les Poches à la galerie de Multiples; Ettore Sottsass, Vase Shiva rose, 1973, Céramique, 23 x 17 x 17 cm;  vue de l’exposition La Terre est bleue comme une orange à la galerie Praz-Delavallade (photo Rebecca Fanuele) 

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