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Les 200 ans des Beaux-Arts de Paris

Les 200 ans des Beaux-Arts de Paris

200 ans en 2017 ! Voilà un anniversaire qui se fête pour les Beaux-Arts de Paris, l’illustre école créée juste après la fermeture du Musée des Monuments Français d’Alexandre Lenoir1, en partie dans les mêmes bâtiments, notamment l’Eglise des Petits Augustins, qui font face au Louvre. L’année prochaine sera donc une année de transformations et de mise en valeur du patrimoine pour cette institution qui s’est aussi dotée, en 2015, d’un nouveau directeur (l’artiste Jean-Marc Bustamante, en remplacement de Nicolas Bourriaud, congédié par Fleur Pellerin). De transformations, parce que de nombreux lieux seront restaurés et embellis. C’est ainsi que les façades des trois bâtiments situés sur le quai Malaquais (le Palais des Beaux-Arts, l’hôtel et le petit hôtel de Chimay qui le prolongent) seront nettoyées et valorisées par une nouvelle mise en lumière rendue possible grâce au mécénat de la Compagnie de Phalsbourg et de Karine et Philippe Journo. C’est ainsi aussi que la salle dite « Melpomène », avec ses copies de Raphaël et de Michel-Ange, retrouvera son lustre et que l’Amphithéâtre d’honneur, où trône la peinture murale très académique de Paul Delaroche (Le Génie des arts entouré des artistes de tous les temps distribuant des couronnes) sera modernisé et verra le retour en son sein de l’important tableau qu’Ingres peignit à Rome en 1812, lorsqu’il était pensionnaire à la Villa Médicis : Romulus vainqueur d’Acron portant les dépouilles opimes au temple de Jupiter capitolin.

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Mais de mise en valeur du patrimoine aussi, parce que – on ne le sait pas toujours – la collection des Beaux-Arts comporte quelques 400 000 œuvres, dont 2000 peintures 20 000 dessins, 200 000 estampes, 70 000 photographies, ainsi que 66 000 manuscrits, incunables, livres anciens, etc.  Constituée, jusqu’en 1968, afin de permettre aux étudiants de se confronter aux œuvres classiques, elle comprend aussi les pièces primées lors des différents concours qui ponctuaient les études d’alors. C’est pour permettre au grand public d’y avoir – partiellement – accès qu’on a envisagé de constituer un musée dont on a demandé l’appellation « Musée de France ». Ce nouveau musée aura une topographie bien définie, qui se fera sur les traces des élèves d’autrefois : il s’ouvrira sur le quai Malaquais, se continuera par la salle Mélpomène, puis par l’Eglise des Petits Augustins et le cloître attenant, entourant la cour du Mûrier dévolue à la Renaissance italienne, avant d’arriver dans la cour de la rue Bonaparte où se trouve le musée lapidaire et où on accède au Palais des Etudes dans lequel se trouve l’Amphithéâtre d’honneur. Il se développera selon deux axes : l’un qui consistera à rendre intelligible le lien consubstantiel des collections avec la formation des élèves artistes d’autrefois et l’autre qui cultivera le maintien de leur présence et l’originalité de leur ancrage au sein d’un lieu qui reste tout entier dédié à la création d’aujourd’hui.

beaux-arts 2 bisSur le plan éducatif, Jean-Marc Bustamante entend développer des projets à destination du champ social, comme le projet Via Ferrata, qui s’adresse aux étudiants issu de la diversité sociale, culturelle et géographique d’Ile-de-France et qui a pour objectif de les préparer aux examens et concours d’entrée dans les établissements supérieurs d’enseignement artistique en France et à l’étranger. Et il a souhaité que les élèves s’ouvrent à d’autres disciplines en recrutant la chorégraphe Emmanuelle Huynh et le bédéiste Joann Sfar. Enfin, les Beaux-Arts célèbreront ce 200e anniversaire par toute une série d’expositions qui, pour beaucoup, auront la politique, au sens large du terme, comme tronc commun : Ingres et ses amis, Manifesto, une grande installation vidéo de l’artiste allemand Julian Rosefeldt, L’Ecole de la République : d’Antigone à Marianne dans les collections des Beaux-Arts de Paris, Per Kirkeby, Images en lutte (1968-1977). La culture visuelle de l’extrême gauche

Bref, un beau programme pour cette vieille dame éternellement jeune, dont on peut juste s’étonner qu’il mette à ce point l’accent sur le côté patrimonial, au détriment peut-être de la contemporanéité qui reste son objectif et sa raison d’exister.

1Une belle exposition a été récemment consacrée au Louvre à ce musée fondé juste après la Révolution et qui constitue l’essence du musée moderne.

-Les Beaux-Arts de Paris, 14 rue Bonaparte 75006 Paris (www.beauxartsparis.fr)

 

Images : la façade vue du quai Malaquais ; Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), Romulus vainqueur d’Acron, 1812 ; une des affiche produite aux Beaux-Arts pendant mai 68

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