de Patrick Scemama

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La République de l'Art

Expositions

Féministes, historiques et joyeuses

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Pour être tout à fait franc, c’est un peu en traînant des pieds que je suis allé voir l’exposition Niki de Saint Phalle qui vient de s’ouvrir au Grand Palais. On connaît par cœur ses Nanas imposantes et colorées que l’on a vues partout et que l’on peut acheter, sous forme de jouets gonflables, dans les boutiques de musées ; son univers naïf et joyeux se décline, d’ailleurs, dans tous les supports, depuis les sculptures extérieures comme celles, par exemple, de la Fontaine Stravinsky à Paris, jusqu’aux livres pour enfants ou aux produits dérivés, sets de table ou assiettes décorées ; on […]

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Le Prix Ricard, le pouls de l’époque

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Chaque année, l’exposition des artistes en lice pour le Prix de la Fondation d’entreprise Ricard, comme les listes du Goncourt ou du Renaudot, annonce la rentrée. Car ce prix, qui est censé récompenser un des meilleurs artistes français de la jeune génération et qui permet au vainqueur de voir  une de ses œuvres entrer dans les collections du Centre Pompidou (à partir de cette année, il bénéficiera aussi d’une exposition dans un centre d’art étranger), est décerné pendant la FIAC, c’est-à-dire au plus fort de l’activité artistique parisienne. Chaque nouvelle édition est aussi confiée à un nouveau commissaire qui a […]

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Lorsque l’art et la littérature se faisaient fête…

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La rentrée s’annonce et avec elle s’achèvent les expositions qui ont accompagné notre été. Mais il en est une – dont il n’a pas encore été question dans ces colonnes- qui est prolongée jusqu’au 15 septembre et il faut impérativement aller la voir, car c’est une des expositions les plus excitantes qu’on ait pu voir ces derniers temps. Il s’agit de Man Ray, Picabia et la revue « Littérature » (1922-1924), qui se tient dans les espaces du Musée du Centre Pompidou. C’est une petite exposition par la taille, mais d’une richesse exceptionnelle et qui prouve à quel point la première partie […]

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50 ans de bonheur à la Fondation Maeght

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Dans mon précédent post (cf http://larepubliquedelart.com/concret-vous-avez-dit-concret/), je vous parlais du 10e anniversaire de la donation Albers-Honegger à l’Espace de l’Art Concret de Mouans-Sartoux. C’est à un autre anniversaire que nous convie sa voisine la Fondation Maeght de Saint-Paul de Vence qui fête cet été les cinquante ans de sa naissance. Cinquante ans que s’élève ce beau bâtiment blanc aux lignes pures conçu par Josep Lluis Sert, l’architecte de l’atelier de Miro à Palma de Majorque, à la demande du fameux couple de collectionneurs et amis des artistes Aimé et Marguerite Maeght. Cinquante ans que les figures les plus illustres du […]

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Concret, vous avez dit concret?

Concret, vous avez dit concret?

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On ne dira jamais assez tout le bien qu’il faut penser de l’Espace de l’Art Concret, ce très beau centre d’art situé dans les Alpes-Maritimes, à Mouans-Sartoux, à mi-chemin entre Cannes et Grasse. Il est né en 1990, de la volonté de deux collectionneurs, Sybil Albers et Gottfried Honegger, de rendre leur collection accessible au public. En 2004, un bâtiment signé par les architectes suisses Annette Gigon et Marc Guyer a été construit dans le parc du Château, afin d’y accueillir définitivement cette collection qui, entre-temps, s’est enrichie de différentes donations, dont celle d’Aurélie Nemours. Un bâtiment posé comme un […]

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Une prison est-elle un lieu d’exposition?

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La Disparition des lucioles : tel est le titre choisi par la Collection Lambert pour son exposition d’été en Avignon, en hommage à Pier Paolo Pasolini qui, en février 1975, publia dans le Corrierre della Sera, un texte devenu célèbre qui disait : « Au début des années 60, à cause de la pollution atmosphérique, et surtout, à la campagne, à cause de la pollution de l’eau (fleuves d’azur et canaux limpides), les lucioles ont commencé à disparaître. Cela a été un phénomène foudroyant et fulgurant. Après quelques années, il n’y avait plus de lucioles. (Aujourd’hui, c’est un souvenir quelque peu poignant du […]

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Art Lovers ou la référence dans la collection Pinault

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  Décidément, Monaco aime le sous-entendu, la référence, l’allusion. Après Portraits d’Intérieurs à la Villa Sauber, qui jouait subtilement sur la notion de décor et de transformation en rendant hommage à des artistes qui ont tenu une place importante dans la région (cf http://larepubliquedelart.com/le-gay-ete-du-musee-national-de-monaco/), c’est le Grimaldi Forum, juste en face, qui propose une exposition, Art Lovers, faite à partir d’œuvres qui entretiennent des liens explicites ou secrets avec des œuvres antérieures. Mais le gigantisme du lieu est sans commune mesure avec le cadre feutré et intimiste de la villa bourgeoise et les œuvres présentées ici appartiennent à une collection […]

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Le gay été du Musée National de Monaco

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Un vent de folie queer s’est-il abattu sur la Principauté de Monaco ? Toujours est-il que s’il fallait chercher un point commun aux deux expositions que son Nouveau Musée National propose cet été, c’est celui-ci qui s’imposerait en premier : entre Gilbert & George à la Villa Paloma et Portraits d’Intérieurs, qui fait explicitement référence à Cocteau et Bérard, à la Villa Sauber, la ville semble, en effet, sous l’emprise d’un émoi arc-en-ciel. « Art Exhibition », tel est le titre, sobrement choisi, pour l’exposition de Gilbert & George à la Villa Paloma. Une exposition qui, en 46 œuvres, retrace quarante ans de carrière de […]

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Formes multiples au Centre Pompidou-Metz

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On ne saurait imaginer deux expositions plus différentes que celles proposées actuellement par le Centre Pompidou-Metz : Formes simples, imaginée par Jean de Loisy, et 1984-1999, La Décennie, « curatée » par Stéphanie Moisdon, dans une scénographie de Dominique Gonzales-Foerster. Différentes par les époques qu’elles recouvrent, d’abord : des quasi-débuts de l’humanité jusqu’au XXe siècle pour la première, quelques années bien ciblées de la fin du XXe siècle pour la seconde, puisque, comme l’indique son titre, elle s’attache à une décennie bien particulière. Mais différentes aussi par leurs approches : alors que la première, qui est transversale et regroupe aussi bien des œuvres d’art que […]

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Art Basel, reine de la performance

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La prestigieuse Foire de Bâle (Art Basel) vient de s’achever et elle a une nouvelle fois prouvé sa prédominance dans le marché de l’art : importance et qualité des œuvres présentées, tant dans le secteur moderne que contemporain, importance des espaces de présentations (une des règles d’or à Bâle est de se munir de bonnes chaussures), importance (voire insolence) des prix, dopés par les bons résultats des ventes d’art du printemps à New York et à Londres. En fait, toutes les affaires se font les deux premiers jours, lorsque la Foire n’est accessible qu’aux heureux bénéficiaires des cartes VIP, eux-mêmes répartis en […]

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Minimal/Maximal

Minimal/Maximal

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La rumeur disait qu’avec l’arrivée de Catherine Pégard, l’ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy, à la tête de l’Etablissement public Château de Versailles, l’art contemporain n’aurait plus sa place dans la demeure de Louis XIV. Il n’en est rien et, depuis trois ans, les artistes d’aujourd’hui continuent à pouvoir dialoguer avec ce qui est sans doute le monument le plus représentatif de l’esprit français. Ce qui a changé, en revanche, c’est la nature des artistes sélectionnés : plus de Pops ou de Néo-pops à la Jeff Koons ou Murakami qu’affectionnait Jean-Jacques Aillagon, l’ancien directeur, et qui établissaient un contraste trop violent (mais […]

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Selfies or not selfies?

Selfies or not selfies?

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Dans un précédent post (http://larepubliquedelart.com/les-utopies-geniales-et-folles-dilya-et-emilia-kabakov/), je vous parlais de la formidable exposition qu’ont conçue Ilya et Emilia Kabakov pour l’actuelle édition de Monumenta au Grand Palais. Je n’avais pas mentionné le fait qu’à l’entrée de celle-ci, les artistes précisent que leur «étrange cité » a des règles et qu’ils souhaitent que les visiteurs les respectent :  qu’ils ne prennent pas de selfies (pour ceux qui seraient définitivement réfractaires aux nouvelles technologies, rappelons qu’il s’agit d’autoportraits pris avec des appareils numériques dans le but, la plupart du temps, d’être partagés sur les réseaux sociaux), que leurs portables restent sur silencieux, qu’ils ne parlent […]

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Fin de saison, début de vacances

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La saison des expositions n’est pas encore terminée et certaines manifestations de première importance vont encore se tenir (comme la fameuse foire de Bâle qui, chaque année, réunit la crème du monde de l’art), mais on sent déjà un parfum de vacances, la volonté de terminer les devoirs en cours avant d’aborder un nouveau chapitre en septembre. C’est ainsi que le Palais de Tokyo vient de présenter la troisième et dernière partie de sa programmation liée à « L’Etat du ciel », cet ensemble de manifestations qui avait pour ambition, généreuse, mais un rien démesurée, de vouloir témoigner « de l’attention portée par […]

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Martial Raysse ne change pas

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De Martial Raysse, on connaît surtout les années pop, ses portraits de femmes aux couleurs acidulées et agrémentés d’objets divers, ses néons clignotants et aguicheurs, sa relecture iconoclaste des grands chefs-d’œuvre de l’histoire de la peinture (toute la série Made in Japan, inspirée de cartes postales bon marché). Et lorsqu’on les retrouve, dans la première partie de la rétrospective qui lui est actuellement consacrée au Centre Pompidou, on est heureux de voir à quel point elles ont gardé leur fraîcheur, leur gaîté, leur effronterie gentille. Heureux de voir aussi combien elles continuent de traduire l’esprit d’une époque, mais pour en […]

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Iran: l’art au miroir de l’histoire

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Unedited History, le titre de la foisonnante exposition que le Musée d’Art moderne de la ville de Paris consacre à l’Iran de 1960 à aujourd’hui, peut surprendre : il est emprunté au vocabulaire cinématographique et signifie histoire « non montée », à l’état de rushes.  Car ce n’est pas une histoire linéaire et globale de l’art en Iran dans la seconde partie du XXe siècle que nous proposent ses commissaires (Catherine David, Odile Burlureaux, Morad Montazami et Narmine Sadeg), mais une lecture à l’état brut, fragmentaire, encore en train de se faire, et qui ignore volontairement « les spéculations financières et les effets de […]

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Les utopies géniales et folles des Kabakov

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Il est difficile d’évoquer le travail d’Ilya et Emilia Kabakov, les artistes en charge cette année de Monumenta, en faisant abstraction de leur biographie. Leurs œuvres sont en effet tellement imprégnées du pays, la Russie, dont ils sont originaires et de la vie qu’ils y ont vécue, qu’on ne pourrait les comprendre autrement. On voit mal, d’ailleurs, comment on pourrait échapper à l’environnement historique, tant les références sont immédiates et explicites. Mais peut-être est-il bon de préciser : Ilya et Emilia Kabakov sont nés tous les deux à Dnipropetrovsk, ex URSS, lui en 1933, elle en 1945. Pendant toute leur jeunesse […]

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L’esprit et le temps

L’esprit et le temps

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Connaissez-vous Friedrich Fröbel, ce pédagogue allemand du XIXe siècle, qui est le fondateur des fameux « Kindergarten » (« les jardins d’enfants ») ? Il a mis au point une méthode novatrice qui permet aux enfants de s’instruire et de s’amuser en manipulant des formes en bois très simples telles que des cubes, des prismes, tablettes et autres petits bâtons, à partir desquelles ils peuvent réaliser un nombre incalculable de figures. Cette méthode a été largement utilisée par la suite et elle tient entièrement dans une boîte qui en contient elle-même plusieurs petites autres dans lesquelles se trouvent ces éléments qui sont comme les ancêtres […]

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Le 59e Salon de Montrouge: roulez jeunesse!

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Le 59e Salon d’art contemporain de Montrouge ouvre ses portes aujourd’hui au Beffroi, ce superbe édifice Art Déco situé au cœur de la ville. Il a pour Invité d’honneur Julien Salaud, qui y a été révélé en 2010 et qui y présente deux impressionnantes sculptures, dont un « centaure » qui a été réalisé avec des femmes incarcérées à la maison d’arrêt d’Orléans (pendant quinze jours, elles ont entièrement recouvert son buste de perles). Le jury en est présidé par Jean-Claude Gandur, un grand collectionneur suisse, plutôt porté vers l’archéologie et l’art moderne, mais qui est aussi sensible à l’art contemporain. Et […]

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Au Palais de Tokyo, Hirschhorn brûle mais ne vacille pas

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Dans mon dernier billet (cf http://larepubliquedelart.com/futurs-dhier-et-daujourdhui/), consacré à l’exposition Sugimoto au Palais de Tokyo, je mentionnais simplement l’exposition de Thomas Hirschhorn, Flamme éternelle, qui s’y tient parallèlement. Il me semble important d’y revenir plus en détail. Car c’est une exposition importante, comme on en voit rarement dans les musées ou centres d’art. Exposition, le terme n’est peut-être pas complètement approprié, et j’en connais qui ne manqueront pas de critiquer le fait qu’elle se tienne dans une institution, qu’elle soit financée par de l’argent public, etc, toutes ces réflexions que l’on entend encore trop souvent et qui n’ont plus beaucoup de sens. […]

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Futurs d’hier et d’aujourd’hui

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Le futur a toujours fasciné et angoissé les artistes. Comment imaginer l’avenir ? Et comment se le représenter à partir des données d’aujourd’hui ? Certains y ont répondu de manière géniale et prophétique, comme George Orwell  avec  1984 ou Stanley Kubrick avec 2001, l’odyssée de l’espace. Et d’autres y ont apporté des réponses plus anecdotiques, comme les nombreux réalisateurs de films de science-fiction de série B , qui ont surtout envisagé l’avenir sous la forme de petits hommes verts venus d’ailleurs et semant la terreur sur la terre (il est amusant de noter, d’ailleurs, quand on regarde les projections des créateurs des […]

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