de Patrick Scemama

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Expositions

Carol Rama, la scandaleuse

Carol Rama, la scandaleuse

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Dans un précédent billet, je vous parlais d’Ethel Adnan, cette artiste-écrivain de 90 ans qui expose depuis les années 60, mais dont le travail n’a été véritablement reconnu que récemment (cf http://larepubliquedelart.com/le-savoir-faire-et-le-coeur/). Une autre artiste exposée actuellement à Paris aura aussi attendu un âge avancé  avant de trouver la reconnaissance internationale : Carol Rama. Il faut dire que l’Italienne, aujourd’hui âgée de 97 ans, aura produit une œuvre inclassable, hors de toutes les écoles et de tous les mouvements, même si elle en a côtoyé certains, et qui aura heurté par sa brutalité, sa crudité, son goût affirmé pour la sexualité. […]

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Marcel Broodthaers, exposer c’est créer

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On connaît mal en France l’œuvre de Marcel Broodthaers, cet artiste belge né 1924 et mort en 1976, âgé seulement de 52 ans. Sa dernière rétrospective, au Jeu de Paume à Paris, remonte à 1991. Pourtant, même bref, celui-ci a eu une importance considérable dans l’histoire de l’art du XXe siècle et influencé de nombreux jeunes artistes, dont Tacita Dean et Danh Vo. Situé à la croisée du Pop, du conceptuel, du minimal et de Fluxus, il se caractérise surtout par la réflexion qu’il établit entre l’œuvre d’art et la valeur marchande et sa manière de faire de l’exposition une œuvre […]

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Chefs-d’oeuvre

Chefs-d’oeuvre

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Il y a cinq ans, à l’occasion de son exposition inaugurale, le Centre Pompidou-Metz s’interrogeait sur la notion de chefs-d’œuvre (exposition Chefs-d’œuvre ? présentée du 12 mai 2010 au 29 août 2011). Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ? Comment arrive-t-on à qualifier une œuvre de « chef-d’œuvre » ? Y a-t-il des qualités intrinsèques à une œuvre pour qu’elle atteigne le rang de « chef-d’œuvre » ? Ce débat, sans fin, nous n’allons pas le rouvrir aujourd’hui. Mais nous ne pouvons que constater que, contrairement à d’autres expositions qui regroupent des œuvres de différents registres, il y a aujourd’hui à Paris deux propositions qui ne présentent que ce que l’on […]

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Exposer la danse et la musique

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Une des tendances de l’art actuel est de transposer au musée des formes d’art (les arts vivants) qui d’ordinaire ont besoin de la scène pour exister. Tino Seghal, le danseur-chorégraphe, a été un des premiers à franchir le pas, allant même jusqu’à renoncer définitivement aux représentations traditionnelles, et il s’est vu décerner le Lion d’or du meilleur artiste lors de la dernière Biennale de Venise. Et l’an passé, dans le cadre du Nouveau Festival du Centre Pompidou, c’est Xavier Le Roy, un proche de Jérôme Bel et de Boris Charmatz, qui présentait une exposition, Rétrospective par Xavier Le Roy, conçue […]

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Bonnard, le temps figé

Bonnard, le temps figé

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« Pourquoi Bonnard peut-il être, pour certains, d’une aide si grande, si profonde », s’interroge Alain Levêque dans la préface qu’il signe pour le petit recueil de notes de l’artiste, Observations sur la peinture, qui vient de paraître aux Editions L’Atelier contemporain ? Et il répond : « Parce que de la matière de notre condition, le temps fini, il fait tout son sujet, en épousant le sien, jour après jour, et qu’il parvient si bien à l’aviver par son art, j’allais dire par sa parole de peintre,  qu’il nous le donne en partage et nous réveille au nôtre. Il est à mes yeux, parmi […]

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Géants américains

Géants américains

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En 1962, l’artiste californien Ed Ruscha publia son premier livre, Twentysix Gasoline Stations, avec sa propre maison d’édition, National Excelsior Press. Inspiré de livres modestes qu’il avait trouvés dans la rue, chez des bouquinistes, lors d’un voyage en Europe, ce petit fascicule vendu $3.50 reproduisait exactement ce que son titre suggérait : vingt-six photos de stations essence, sans texte d’introduction ni explication. Seules informations : la marque et la localisation de ces stations, comme des cartels d’œuvre d’art. Dans un premier temps, le livre n’eut guère de succès et fut même rejeté par la Bibliothèque du Congrès pour sa « forme peu orthodoxe […]

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“Cherchez le garçon”: l’homme en question

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Il y a deux ans, le Musée d’Orsay présentait Masculin/Masculin, L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours (cf http://larepubliquedelart.com/tout-tout-tout-vous-saurez-tout-sur-le-zizi),  une exposition qui s’annonçait sulfureuse, parce que pour la première fois, on y abordait un sujet qui reste tabou dans les lieux institutionnels. Certains y virent un recensement qui n’osait pas dire son nom des représentations homosexuelles ou homo-érotiques des artistes des deux derniers siècles (et le directeur du musée, Guy Cogeval, fut même accusé d’avoir à cette occasion accueilli une soirée gay, sans que cela profite, financièrement, à l’établissement). D’autres trouvèrent que l’exposition n’allait pas assez loin, contournait […]

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Le savoir-faire et le coeur

Le savoir-faire et le coeur

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Fidèle à sa stratégie de souffler le chaud et le froid, d’alterner expositions muséales (Soto, Chen Zen, Claude Rutault) et expositions funs (Girl avec Pharrell Williams, Murakami, JR) pour s’attirer le plus large public, la galerie Emmanuel Perrotin, avec ses multiples espaces (Paris, New York, Hong-Kong), continue d’imposer sa marque dans le paysage artistique actuel. Les deux nouvelles expositions qui viennent d’ouvrir dans le Marais se situeraient plutôt du côté « fun », mais d’un « fun » atténué, que l’on pourrait presque qualifier de prospectif. Bien sûr, il reste quelques figurines pas très habillées derrière lesquelles les visiteurs sont invités à passer leur […]

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Julien Salaud, vision animale

Julien Salaud, vision animale

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Julien Salaud est un cas à part dans le panorama des jeunes artistes français d’aujourd’hui, une sorte d’OVNI, un garçon dont le travail ne se rattache à aucune tendance ni à aucune école établie.  D’ailleurs, contrairement à la plupart de ses collègues, il n’a pas fait de grande école d’art comme les Beaux-Arts ou la Villa Arson de Nice, mais a suivi son parcours plus atypique :  études scientifiques (biochimie), puis ethnologie, avant d’abandonner la fac pour aller travailler en Guyane auprès d’une association de Protection de l’Environnement, où, pendant plusieurs années, il est resté seul dans la forêt tropicale, à […]

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De l’art ou du cochon?

De l’art ou du cochon?

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Dans Formes simples, la très belle exposition qu’il a conçue l’an passé pour le Centre-Pompidou-Metz (cf http://larepubliquedelart.com/formes-multiples-au-centre-pompidou-metz/), Jean de Loisy faisait cohabiter des œuvres d’art avec des objets, des pierres ou des instruments de mesure sous prétexte que les unes comme les autres présentaient des formes à la fois simples et infiniment complexes et qu’elles établissaient un dialogue qui en disait long sur le rapport des artistes à ces structures déjà existantes, souvent à l’état brut, dans l’univers. A ce titre, une des pièces les plus symptomatiques de l’exposition était sans doute l’hélice que Marcel Duchamp découvrit en 1912, au […]

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Sur le fil

Sur le fil

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La broderie, mais aussi le tissage, le crochet, le tricot, bref, toutes ces activités qui se pratiquent avec un fil, ont été longtemps l’apanage des femmes, les hommes étant destinés à des disciplines plus « sérieuses » et « viriles ». Ce n’est que dans les années 70 qu’elles ont intégré le champ de l’art, avec toute la tradition séculaire dont elles étaient porteuses, mais aussi, à un moment où le schéma de la famille traditionnelle était remis en question, avec une évidente revendication féministe. Annette Messager et Louise Bourgeois furent parmi les premières à intégrer à leur travail et à détourner non sans […]

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Carré noir sur la Tamise

Carré noir sur la Tamise

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Il ne reste que quelques jours pour voir, à la Tate Modern de Londres, la magnifique rétrospective consacrée à Sigmar Polke, Alibis, qui est organisée en collaboration avec le MoMA de New York, où elle a été présentée l’an passé. Une exposition qui couvre toute la carrière du peintre allemand, depuis ses débuts dans les années 60 jusqu’à sa mort en 2010, et qui permet de mesurer  l’extraordinaire étendue de sa puissance créatrice et la faculté constante qu’il a eue de la remettre en question. Car on connait surtout les premières œuvres d Polke, celles ironiques et pop, qu’il créa […]

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Franz Erhard Walter: “Quand les attitudes…”

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…deviennent formes ». On connait le titre de la célèbre exposition organisée par Harald Szeemann en 1969 à la Kunsthalle de Bern, qui a été réactivée  il y a deux ans, pendant la Biennale de Venise (cf http://larepubliquedelart.com/venise-2-demeler-et-reactiver/). Franz Erhard Walther participait d’ailleurs à cette exposition. Et si un travail pouvait se résumer par ce titre, c’est bien le sien, car pour prendre pleinement leur sens, les œuvres de l’artiste allemand né en 1939, ont besoin d’être mises en mouvement, d’être investies par le corps humain. Ce n’est qu’alors qu’elles prennent leur formes définitives, que dans l’intervention, mentale ou effective, du […]

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A nos chers disparus

A nos chers disparus

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D’ordinaire, les centres d’art et les galeries d’art contemporain présentent les œuvres d’artistes vivants. Ce sont aux musées et aux galeries dites « d’art moderne » que sont dévolues les rétrospectives d’artistes décédés. Mais il arrive parfois que les cartes se brouillent et que des lieux à la pointe de la création contemporaine se mettent à défendre le travail d’artistes disparus. C’est ce qui se passe actuellement à la galerie Perrotin, qui présente simultanément dans ses espaces de Paris et de New York l’œuvre de Jesus Raphael Soto (1923-2005) et au Crédac, le Centre d’art d’Ivry-sur-Seine, qui présente  celle de Bruno Pélassy […]

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2015 débute en peinture

2015 débute en peinture

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Etrange atmosphère, samedi dernier, dans le Marais, pour la rentrée des galeries parisiennes. On était à la fois heureux de retrouver le milieu de l’art, après cette pause des vacances de fin d’année, et profondément perturbés par les évènements qui avaient secoué la France quelques heures plus tôt. Certaines galeries avaient d’ailleurs envisagé de reporter leur vernissage de quelques jours. D’autres affichaient un « Je suis Charlie » sur leur site web et leur devanture (et le Palais de Tokyo laissait carte blanche aux artistes – en particulier ceux du « street art » – pour exprimer leur solidarité). D’autres, enfin, faisaient comme si […]

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Le meilleur de 2014

Le meilleur de 2014

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Chaque fin d’année, avant de passer à la suivante, et alors que les confiseurs font la trêve, on se livre à ce petit jeu qui consiste à se remémorer les évènements marquants des douze mois qui viennent de s’écouler. C’est un exercice un peu vain, un peu artificiel, un peu obligé, mais qui met de l’ordre dans tout ce que l’on a pu ressentir récemment et qui agit comme un rituel pour pouvoir aborder plus librement l’année à venir. Et il n’est pas complètement inutile, au bout de quelques mois, de voir comment les choses se sont décantées, ce qui […]

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Amitiés franco-italiennes à la Villa Arson

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Dans un de mes derniers articles (http://larepubliquedelart.com/emerige-recompense-les-jeunes-talents/), je vous parlais du travail de Vivien Roubaud, cet artiste qu’on avait déjà vu dans les modules du Palais de Tokyo et qui vient de remporter la bourse Révélations Emerige en présentant, entre autres, des explosions de feux d’artifice fixées dans des tubes en plexiglas. Hasard du calendrier ou activité débordante, on retrouve le jeune homme dans une exposition de la Villa Arson de Nice, dont il est issu et qui a pour titre From & To. Car le principe de cette exposition réalisée avec le Kunst Meran Merano Arte (le musée de […]

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Emerige récompense les jeunes talents

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PDG d’Emerige, un des plus importants groupe immobilier de France, Laurent Dumas est aussi amateur d’art contemporain. Il montre d’ailleurs une partie de son importante collection en ce moment, dans un hôtel particulier du Marais, l’Hôtel Beaubrun, dans une exposition dont le titre, As I run and run, happiness comes closer, sonne comme une profession de foi et qui, sous la houlette de Jérôme Sans, regroupe des œuvres de, entre autres, Dove Allouche, Daniel Buren, Kader Attia, Loris Gréaud, Bertrand Lavier.  Mais il soutient aussi les jeunes artistes, car il estime qu’il est du devoir des institutions privées de le […]

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Jeff Koons, lisse et trouble

Jeff Koons, lisse et trouble

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Avec ses reproductions en acier poli de jouets gonflables, ses airs de premier communiant, son discours lisse et policé, sa stratégie redoutable de communiquant, Jeff Koons est le type même d’artiste qu’une bonne partie de la critique européenne voudrait vouer aux gémonies. Le cynique, qui ne soucie que des résultats que ses œuvres font en ventes. L’ami des puissants qui décline en différentes couleurs, à l’intention de ses richissimes collectionneurs, ses sculptures monumentales. Le kitsch, enfin, qui élève au rang d’icônes les pires symboles de la société américaine. La réalité est plus compliquée que cela. Certes, la rétrospective présentée actuellement […]

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Un second lieu pour le Frac Ile-de-France

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Installé sur les hauteurs du XIXe arrondissement de Paris, tout près des Buttes-Chaumont, le Fond régional d’art contemporain (Frac) Ile-de-France, dirigé par Xavier Franceschi, dispose d’un bel espace, le Plateau, mais qui ne lui permet pas d’accueillir des œuvres de très grande dimension. Il aurait donc été légitime qu’il prétende à un nouveau bâtiment, plus vaste et plus fonctionnel, comme ont pu récemment en disposer les Frac de Bretagne ou de PACA, par exemple. Mais il a préféré répondre à une invitation qui lui été faite d’ouvrir un second lieu à une trentaine de kilomètres à l’est de Paris, en […]

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