de Patrick Scemama

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La République de l'Art

Expositions

Le temps traversé de Tacita Dean

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Tacita Dean est obsédée par le temps, la mémoire, la trace. Depuis de nombreuses années, sur toutes les routes du monde, elle part à la recherche d’hommes légendaires guettés par la mort (Robert Steane, surnommé « Boots », un ancien acteur du muet qui incarnait l’élégance et le cosmopolitisme d’une époque révolue, mais aussi Mario Merz ou Merce Cunningham), imagine des fictions à partir de personnages comme Donald Crowhurst, ce marin amateur anglais qui s’était rendu célèbre en essayant de truquer la course à la voile en solitaire à laquelle il participait (Disappearance at Sea) ou redonne vie à de […]

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Les tops et les flops de 2013

Les tops et les flops de 2013

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L’année s’achève et l’heure est au bilan. Comme l’a dit Pierre Assouline dans un de ses récents billets, à l’inverse des Anglais ou des Américains, nous (les Français) ne sommes pas les champions des palmarès, listes et autres classements qui distinguent les bons des mauvais élèves. Il n’empêche qu’en cette fin décembre, la tentation est grande de penser à ce que furent les tops et les flops de l’année qui vient de s’écouler. Je vous livre donc ma petite sélection « art », en toute subjectivité et en ayant conscience, bien sûr, d’oublier plein de choses qui mériteraient d’y figurer. Côté tops, […]

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Les formes et les forces de Raphaël Zarka

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Strasbourg, pendant les Fêtes de fin d’année, c’est d’abord son marché de Noël, ses illuminations et ses odeurs de cannelle et d’épices qui envahissent toute la ville. Mais si vous n’aimez pas le vin chaud, si Noël vous laisse de glace ou que les boules et guirlandes électriques vous lassent un peu, vous pouvez aller faire un tour du côté du Musée d’art moderne et contemporain. On y présente une très intéressante exposition réalisée à l’occasion du 30e anniversaire des Fonds régionaux d’art contemporain (les FRAC). Elle a pour titre « Formes et Forces », en référence au livre de l’historien d’art […]

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Les figures silencieuses de Djamel Tatah

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Les saisons passent et ne se ressemblent pas à la Fondation Maeght de Saint-Paul de Vence. Après le bling-bling et l’histoire de l’art repensée sans complexe cet  été par Bernard-Henri Lévy (cf http://larepubliquedelart.com/le-grand-nimporte-quoi/), voilà une exposition qui est son exact contraire, c’est-à-dire calme, posée, sans esbroufe.  C’est celle que l’excellent peintre Djamel Tatah propose sous le titre « Monographie. ».  Dans les salles silencieuses et beaucoup moins envahies, à cette période de l’année, par les touristes, on y est face à des personnages solitaires qui se détachent sur un fond monochrome et dont le regard, la plupart du temps, nous échappe. Des […]

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L’exposition-fiction

L’exposition-fiction

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Avec  les expositions Pierre Huyghe et Philippe Parreno (et, dans une moindre mesure, Le Surréalisme et l’objet), je vous ai parlé récemment de ces expositions qui, au-delà des œuvres, intègrent le spectateur dans un environnement et une scénographie qui  renvoient à la scène de théâtre (cf : http://larepubliquedelart.com/lexposition-theatre/). Je voudrais vous entretenir maintenant d’une forme d’exposition qui va encore plus loin dans ce processus et que l’on pourrait appeler : « l’exposition-fiction ». Le meilleur exemple que l’on pourrait en donner se tient actuellement à Londres, dans quelques pièces habituellement fermées au public du Victoria and Albert Museum. Il s’agit de l’exposition Tomorrow du duo […]

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De l’autre côté du périf

De l’autre côté du périf

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Aujourd’hui, à Paris, on ne peut plus se contenter d’arpenter le Marais, Belleville ou Saint-Germain des Prés pour voir les expositions qui comptent. Il ne faut pas hésiter à franchir parfois le périphérique et à se rendre dans des lieux où l’art, a priori, n’a guère de place. A Pantin, par exemple, où la galerie Thaddeus Ropac a ouvert il y a deux ans un immense espace qui, contrairement à ce que certaines mauvaises langues ont pu dire, ne constitue pas seulement comme un show-room destiné à ses clients milliardaires pressés qui y arrivent directement de l’aéroport pour faire leur […]

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Avec ou sans corps (plutôt avec) II

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Je vous ai parlé récemment de l’exposition sur le nu masculin qui se tient actuellement au Musée d’Orsay (http://larepubliquedelart.com/tout-tout-tout-vous-saurez-tout-sur-le-zizi/) et, dans mon dernier post, d’expositions dans les galeries parisiennes qui ont le corps pour thème (http://larepubliquedelart.com/avec-ou-sans-corps/). Une autre exposition qui se tient à la Backslash Gallery, une des galeries innovantes de ce nouveau coin arty qu’est le Haut-Marais (c’est-à-dire, en gros, tout ce qui trouve à proximité de la rue Notre-Dame de Nazareth) rentre dans ces deux catégories. Il s’agit d’A Corps perdus, un accrochage conçu par l’excellent Marc Donnadieu (actuellement conservateur en art contemporain au LaM de Lille) et […]

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Avec ou sans corps

Avec ou sans corps

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Après la Fiac et dans l’attente des fêtes de fin d’année, l’effervescence est quelque peu retombée dans les galeries parisiennes. Mais elles n’en font pas moins des propositions qui méritent le détour. En voici quelques exemples, qui ont pour point commun de mettre en avant la question du corps : Chez gb agency, tout d’abord, qui présente Everything That Rises Must Converge, la nouvelle exposition de l’artiste israélo-berlinois, Omer Fast, le corps est celui, bien réel, de quatre acteurs de films X. Car la vidéo d’une durée exceptionnelle (presque une heure), qui constitue l’essentiel de l’exposition, raconte, en quatre projections simultanées […]

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L’exposition-théâtre

L’exposition-théâtre

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Les deux expositions phares à Paris, cet automne, auront été sans conteste l’exposition Pierre Huyghe au Centre Pompidou (cf http://larepubliquedelart.com/pierre-huyghe-ou-le-monde-en-soi/) et l’exposition Philippe Parreno au Palais de Tokyo (cf http://larepubliquedelart.com/le-palais-fantome-de-philippe-parreno/). Deux expositions conçues comme un parcours (même si la première s’envisage davantage comme une sorte de greffe, d’hybridation de l’exposition qui l’a précédée), qui revendiquent leur théâtralité (Philippe Parreno n’a-t-il pas installé devant le Palais de Tokyo une « marquise lumineuse », comme on en voit devant les théâtres américains ?) et qui placent le spectateur au sein d’une expérience où le ressenti général, au fond, a plus d’importance que les œuvres elles-mêmes. […]

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Les « petites » collections de Robert Wilson

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Lorsqu’il apparut, au début des années 70, sur les scènes françaises et européennes, Bob Wilson fit l’effet d’une bombe. Il faut dire que le théâtre de l’époque, sous l’emprise brechtienne, vivait sous la tyrannie du sens et que, dans toute mise en scène digne de ce nom, chaque geste devait découler d’une réflexion dramaturgique (c’était la grande époque de la revue Travail théâtral). Avec ses spectacles basés essentiellement sur l’image, la lenteur (Ouverture au Musée Galliera, en 1972, le premier spectacle présenté par le Festival d’Automne, durait 24 heures) et le silence (Le Regard du sourd ne comportait pas la […]

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Célébrations de la peinture

Célébrations de la peinture

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On en a eu le sentiment à la rentrée et la confirmation à la Fiac : la peinture retrouve les faveurs du monde de l’art. En témoignent plusieurs expositions qui se tiennent actuellement dans des galeries ou institutions parisiennes. Au Musée d’Art moderne de la ville de Paris, tout d’abord, qui fait le grand écart en présentant simultanément une rétrospective de Serge Poliakoff et une autre (la première en France) du peintre chinois Zeng Fanzhi. Poliakoff, mort en 1969, et qui n’avait pas eu d’exposition de grande ampleur à Paris depuis 1970, fait partie de ce qu’on a appelé la « Nouvelle […]

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Petit bilan d’une semaine folle

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La semaine qui vient de s’écouler aura été une des plus intenses de l’année en matière d’art contemporain. En raison de la Fiac, bien sûr, qui a fermé ses portes hier. Mais aussi en raison de tous les évènements qui l’accompagnent : foires off, prix et récompenses diverses, expositions en tous genres… Revenons d’abord à la Fiac qui a confirmé son succès sous la verrière du Grand Palais. D’année en année, on a le sentiment que le grand public et les médias s’intéressent de plus en plus à cette foire dont le prix d’entrée est pourtant – faut-il le rappeler – […]

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Le palais fantôme de Philippe Parreno

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Récemment, je vous ai parlé de la fascinante exposition de Pierre Huyghe qui se tient actuellement au Centre Pompidou (cf http://larepubliquedelart.com/pierre-huyghe-ou-le-monde-en-soi/) et que j’ai qualifiée « d’exposition en soi ». Le hasard ( ?) de la programmation fait que vient de s’ouvrir au Palais de Tokyo une exposition de Philippe Parreno, qui est de la même génération que Pierre Huyghe (ils ont deux ans d’écart) et dont il a toujours été très proche (ils sont tous les deux à l’origine du projet Annlee, cette figure de manga japonaise dont ils avaient racheté les droits). Mais alors que Pierre Huyghe se voit cantonner dans […]

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Du côté des Carpathes

Du côté des Carpathes

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Non, la Roumanie ne fait pas parler d’elle, en France, que pour les problèmes liés à ses Roms ou à ses chiens errants que le parlement vient d’autoriser à euthanasier. Elle le fait aussi pour sa scène artistique, qui est particulièrement dynamique. C’est ce que montre en tous cas l’exposition Scènes roumaines, qui se tient à l’Espace culturel Louis Vuitton, ce lieu surplombant le magasin du même malletier sur les Champs-Elysées, où il se passe souvent des choses passionnantes et  auquel on accède par un ascenseur qui vous fait perdre tous vos repères en vous plongeant dans le noir (c’est […]

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Réhabiliter les genres mineurs

Réhabiliter les genres mineurs

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Pendant longtemps, le dessin a été considéré comme un genre mineur, esquisse ou préfiguration de tableau pour le peintre, étude préparatoire pour le sculpteur. Et il n’était pas question de lui consacrer d’expositions entières, sauf s’il était de la main d’un grand maître. Aujourd’hui, le dessin a acquis une autonomie et il se place au même niveau que les autres médiums, certains artistes lui consacrant même l’intégralité de leur carrière. Pourtant, pour bien des créateurs, il ne reste que le meilleur moyen de noter rapidement une idée ou de donner à penser ce que sera l’œuvre ultime. Mais comme notre […]

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L’art contemporain en quête de respectabilité

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On assiste depuis quelques temps à un étrange phénomène dans les galeries d’art contemporain parisiennes qui ont réussi : outre une volonté de s’agrandir dont il a déjà été question dans ces pages (cf, par exemple, le portrait du galeriste Michel Rein : http://larepubliquedelart.com/michel-rein/), une envie de respectabilité, de se légitimer, de jouer dans la cour des grands en faisant appel à des artistes historiques dont la carrière et le talent sont incontestables. Comme si l’art contemporain était un grand jeu, une sorte de farce dont il était bon de sortir de temps à autre pour prouver qu’on a une autre envergure […]

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Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le zizi…

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Pour promouvoir Nackte Männer (Hommes nus), la première exposition consacrée au nu masculin dans l’histoire de l’art, à Vienne, l’an passé, on utilisa la photo de Pierre et Gilles, Vive la France, qui montre trois footballeurs black-blanc-beur nus et de face. Cette image fit scandale et il fallut recouvrir, sur les affiches, le sexe des trois garçons d’un bandeau noir. Cette anecdote en dit long sur la pudibonderie qui entoure encore la représentation de la nudité masculine, en particulier dans les lieux institutionnels. Et ce d’autant plus que le nu féminin y est largement représenté, que c’est un genre en […]

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Pierre Huyghe ou l’exposition en soi

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Je dois l’avouer : jusqu’à présent, je n’étais pas très sensible à l’art de Pierre Huyghe. Ann Lee, la figure de manga abandonnée dont il avait racheté les droits avec Philippe Parreno pour lui donner une nouvelle vie (No Ghost Just a Shell), n’avait pas suscité chez moi la même pamoison que chez bon nombre de mes contemporains. Blanche Neige Lucie, la vidéo qu’il avait réalisée avec l’actrice qui avait été utilisée pour doubler Blanche Neige et qui faisait un procès aux studios Disney parce qu’elle n’avait pas perçu les droits que lui ouvrait son interprétation, ne m’avait pas plongé dans […]

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Les jeux de pistes de Ryan Gander

Les jeux de pistes de Ryan Gander

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Usant de tous les médiums et de tous les dispositifs pour revisiter, avec un sens très british de l’humour et de la dérision, le champ de l’art conceptuel, Ryan Gander est un artiste brillant. Il fait preuve de beaucoup d’imagination pour mettre en place des circuits où les œuvres se répondent, où le jeu – en particulier le jeu d’enfant – est omniprésent, où les mystères, les énigmes, les rébus dominent, comme dans les « detectiv novels » à la Agatha Christie. En fait, son travail est celui d’une pensée à l’œuvre et en mouvement, un peu comme chez Fabrice Hyber, mais […]

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Braque dans l’ombre de Picasso

Braque dans l’ombre de Picasso

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« Picasso a-t-il été le malheur de Braque ? », se demande Brigitte Leal, la commissaire de l’exposition Braque qui vient de s’ouvrir au Grand Palais, dans le catalogue qui l’accompagne et dont elle a la responsabilité. Et pour y répondre, elle cite ceux qui ont été les thuriféraires du maître catalan et qui ont relégué Braque à la seconde place : Apollinaire, d’abord, qui, en le qualifiant de « noble, mesuré, ordonné, cultivé », l’inscrivait dans « l’image négative d’un artiste figé dans l’ordre cartésien et post-poussinesque d’une certaine tradition française » et Gertrude Stein qui, dans son Autobiographie d’Alice B. Toklas, prétendait que « le cubisme était […]

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