de Patrick Scemama

en savoir plus

La République de l'Art
Sortons masqués

Sortons masqués

Ils ont été au cœur de la polémique, ces masques, qui ont cruellement manqué au début de la pandémie, mais qui sont désormais obligatoires dans tous les lieux clos et avec lesquels on va sans doute devoir vivre encore longtemps. Et on en trouve maintenant partout, des masques chirurgicaux, bien sûr, mais aussi des masques en tissu lavables que certains ont adaptés, customisés, détournés pour en faire des produits non seulement de protection, mais aussi d’une relative élégance (certaines marques de mode en incluent dans leur nouvelle collection).

Il était donc normal que le monde de l’art s’en saisisse et que les artistes à leur tour impriment leur trace sur ces ustensiles devenus quotidiens. Dans un premier temps, ce sont beaucoup d’artistes du street-art, habitués à réagir rapidement, qui ont créé les premiers modèles. Mais les ont suivi les artistes qui ont voulu faire preuve de générosité en reversant le bénéfice des ventes à des associations caritatives.


C’est ainsi que le célèbre et très controversé Ai Weiwei a dessiné une série de masques sur lesquels étaient reproduits les fameux « doigts d’honneur » qu’il a adressés à tout un ensemble d’autorités à travers le monde, masques qui étaient vendus sur Ebay et dont l’intégralité des recettes a été reversée à Médecins sans frontières ou Refugees International. Et c’est ainsi que sont nés les « Mask of Art » de Mathieu Allouch et Lionel Baert, par ailleurs fondateurs d’une chaine vidéo, Of Art, dont la vocation est de s’adresser au plus large public et à laquelle il m’est arrivé de participer. Pour leur servir de marraine, ils se sont adressés à la très belle ex-étoile de l’Opéra de Paris, Marie-Agnès Gillot. Celle-ci a aussitôt accepté et a demandé à différents artistes, dont Olivier Mosset qui avait fait le décor de son premier ballet en tant de chorégraphe, de participer à l’aventure. 

Pour l’instant, deux séries de dix masques existent. Une première dont les bénéfices seront reversés aux Restos du cœur comprend, outre celui de Mosset déjà cité, les masques de, entre autres, Bernard Frize, Agnès Thurnauer, Emmanuel Bornstein, Orlan et Jordane Saget. Une deuxième, qui ira à destination de l’association Le Refuge, qui lutte contre les discriminations sexuelles, réunit ceux, entre autres, de Brian Finke, Bruno Gadenne et Shade. Et une troisième est d’ores et déjà annoncée pour le 15 août, en faveur de la Protection Civile, avec des masques reproduisant des œuvres de, entre autres, Mathilde Denize, Odonchimeg  Davaadorj et Terencio Gonzalez, trois jeunes artistes qu’on aime beaucoup et dont il a déjà été plusieurs fois questions dans ces colonnes.

C’est une jeune société bordelaise, Uninksport, qui assure la production des masques. On nous garantit que ceux-ci, non seulement répondent aux normes sanitaires, mais sont aussi de très bonne qualité et agréables à porter (ils laissent bien passer la respiration). Alors sans hésiter, joignons l’agréable à l’utile et sortons masqués.

-En vente sur www.maskofart.org, 50€ la boîte de 10 masques lavables

Images : visuels des masques de : Agnès Thurnauer, Odonchimeg Davaadorj, Mathilde Denize (photo Erwan Fichou)

Cette entrée a été publiée dans

0

commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*