de Patrick Scemama

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La République de l'Art

Expositions

Original à tout prix

Original à tout prix

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Il y a bien longtemps que l’art ne se résume plus simplement à des tableaux accrochés aux cimaises d’une galerie ou à des sculptures exposées sur des socles. Duchamp le premier, avec ses fameux ready-made, envisagea la possibilité d’art en dehors de la sphère convenue des médiums traditionnels. Mais la frontière est tenue entre ce qui peut rentrer dans le champs de l’art et ce qui ne le peut pas et il fallait un génie comme Duchamp, justement, pour en tracer la ligne exacte. D’autres n’ont pas eu cette subtilité, qui voulaient nous faire croire que tout pouvait « être […]

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Du passé, lisons l’avenir.

Du passé, lisons l’avenir.

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Dans Une brève histoire de l’avenir, paru en 2006, chez Fayard, Jacques Attali donne sa vision de l’histoire des cinquante prochaines années. Mais il part naturellement du principe que celle-ci ne peut être comprise qu’à partir des 4 millénaires qui nous ont précédés (dans lesquels il voit des figures invariantes comme les couples dialectiques nomadisme/sédentarisation, combat pour la liberté/répression de celle-ci, etc.) et commence donc par raconter sommairement l’histoire de l’homme, de la préhistoire à nos jours, en mettant en particulier en perspective trois ordres qui conditionnent le développement des sociétés humaines : l’ordre rituel (religieux), l’ordre impérial (militaire) et l’ordre […]

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Villa Flora, exceptionnelle collection

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Arthur et Hedy Hahnloser-Bühler était un couple de collectionneurs suisses. Lui, né en 1870 à Winterthur, avait fait des études d’ophtalmologie, mais se passionnait surtout pour l’art. Elle, née trois ans plus tard dans la même ville, était parvenu à convaincre ses parents – des bourgeois conservateurs – de l’autoriser à suivre de cours de peinture en Allemagne, près de Munich. Complices dans leurs goûts, ils se marièrent en 1898 et, la même année, Hedy fit l’acquisition, avec une partie de son héritage, de la Villa Flora, dans laquelle elle aménagea aussitôt, avec son époux. La Villa Flora était une […]

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L’or et la boue, la rentrée des galeries

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« J’ai pétri de la boue et j’en ai fait de l’or », écrit Baudelaire dans Les Fleurs du mal. Cette phrase célèbre pourrait s’appliquer à toute création artistique, qui est par nature une opération alchimique, une transfiguration du monde d’ici-bas. Mais elle trouve une résonnance particulière, en cette première rentrée des galeries parisiennes, à travers une série d’expositions d’artistes qui utilisent des matériaux particulièrement banals (ou en tous cas, non nobles) pour nourrir leurs créations. Petit tour d’horizon de ces magiciens du quelconque. Chez Michel Rein, Franck Scurti présente Spirit of Dunois Street, une exposition faite à partir d’objets récupérés dans […]

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Fin d’été au Centre Pompidou

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La rentrée s’approche et les galeries, qui sont encore toutes en pause estivale, s’apprêtent à affronter l’automne, période cruciale pour elles, puisqu’elle coïncide avec l’ouverture de la FIAC, fin octobre (un grand nombre ouvriront leurs portes dès le 5 septembre). On est donc dans un entre-deux, qui permet de voir des expositions qu’on n’avait pas eu le temps de voir avant les vacances ou qu’on avait survolées un peu trop rapidement. Comme l’exposition Mona Hatoum, par exemple, qui se tient jusqu’à la fin septembre au Centre Pompidou. Pour être tout à fait honnête, je ne connaissais pas bien le travail […]

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Garouste, peintre lettré

Garouste, peintre lettré

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On ne juge pas l’œuvre de Gérard Garouste, qui est présentée cet été à la Fondation Maeght de Saint-Paul de Vence, selon les mêmes critères que l’on juge celles d’autres peintres ou d’autres sculpteurs. Car l’artiste occupe une place à part dans le paysage culturel français de ces quarante dernières années, celle d’un OVNI qui a tracé un chemin qui n’appartient qu’à lui. Il est peintre, mais un peu par défaut, parce que, de son propre aveu, « il ne savait rien faire d’autre » et qu’il avait besoin de la peinture pour calmer les angoisses qui le rongeaient (bipolaire, il a […]

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Manguin/Bonnard, l’amitié à double tranchant

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Comme Bonnard, Henri Manguin (1874-1949) eut une passion pour la couleur, qu’il fit chanter tout au long de sa carrière. Comme Bonnard, il eut pour principal modèle son épouse, Jeanne, qui lui donna trois enfants, puis plus tard, sa belle-fille, que, par pudeur, il fit d’abord poser de dos. Comme Bonnard, il peignit de nombreux paysages, son œuvre étant tout entière tournée vers la nature et vers l’idée d’harmonie que l’on peut y trouver. Les deux hommes étaient d’ailleurs liés d’amitié, Manguin avait été sensible, dès 1896, à la première exposition personnelle de Bonnard présentée chez Durand Ruel (il en […]

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Salade niçoise

Salade niçoise

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Il y a deux ans, à l’occasion du cinquantenaire du Musée Matisse, la ville de Nice avait utilisé huit musées municipaux pour fêter l’évènement et confié à Jean-Jacques Aillagon la responsabilité d’une grande manifestation : Un Eté pour Matisse (cf http://larepubliquedelart.com/tout-nice-pour-matisse/). Cette année, ce ne sont plus huit, mais treize musées et galeries municipaux qui ont été réquisitionnés pour fêter, toujours sous la houlette de Jean-Jacques Aillagon, non plus un évènement, mais un lieu qui est à Nice ce que la Tour Eiffel est à Paris ou l’Empire State Building à New York : la Promenade des Anglais. Il faut dire que […]

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La Collection Lambert expose Patrice Chéreau

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Après deux ans de travaux, une exposition un peu discutable, l’an passé, dans la prison Sainte-Anne (cf http://larepubliquedelart.com/une-prison-est-elle-un-lieu-dexposition/) et des démêlés avec la municipalité qui menaçait de réduire ses subventions, la Collection Lambert d’Avignon a ouvert les portes de son nouvel espace, qui adjoint au très bel Hôtel de Caumont, qu’elle utilisait déjà, l’Hôtel de Montfaucon, son voisin, qui abritait jusqu’alors l’Ecole d’art de la ville. En fait, Laurent et Cyrille Berger, les deux architectes de l’agence Berger et Berger qui a remporté l’appel d’offre, ont réuni les deux bâtiments grâce à une sorte de sas qui permet un passage […]

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A Monaco, l’Avant-garde russe au sommet

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On a eu beau les voir à de nombreuses reprises – et en particulier l’hiver dernier, lors d’une exposition à la Whitechapel Gallery de Londres (cf http://larepubliquedelart.com/carre-noir-sur-la-tamise/) -, on est toujours stupéfait par la modernité, l’inventivité et la créativité des artistes qui formèrent ce qu’on a coutume d’appeler l’avant-garde révolutionnaire russe. C’est comme si sur une courte période qui va, en gros, de 1905 à 1930 (c’est-à-dire de la révolte du « Dimanche rouge » à Saint-Pétersbourg à la reprise en main par le régime soviétique), ils avaient inventé un vocabulaire qui allait servir de base à tout le XXe siècle et […]

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Abstraits et belges

Abstraits et belges

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Parce qu’une partie d’entre eux parlent notre langue, on croit bien connaître nos amis belges. Les blagues, les frites, la bière, le Mannekenpis, les bandes dessinées d’Hergé, bref, tous les lieux communs, ont presque réussi à nous faire croire que ce pays traversé par l’Escaut nous était familier. Or, lorsqu’on y regarde bien, on se rend compte que de larges pans de sa culture nous restent inconnus. En littérature, par exemple, où, en dehors de Simenon, on a du mal à citer les grands auteurs belges du siècle dernier, qui sont pourtant nombreux (peut-être parce que ceux-ci se rattachent soit […]

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Patrick Neu: simplicité confondante

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Il est des œuvres comme cela, que l’on ne soupçonnerait pas et qui, lorsqu’on les découvre, vous font vous demander comment on a pu passer à côté si longtemps. Celle de Patrick Neu, par exemple, cet artiste qui bénéficie d’une exposition cet été au Palais de Tokyo, lui qui, en trente ans de carrière, n’a quasiment jamais montré son travail à Paris, à l’exception de deux expositions collectives en 2007, au Louvre et au Musée Bourdelle, à l’invitation de Sarkis, dont il fut l’élève. Il faut dire que l’homme cultive le retrait et la discrétion : « J’ai fait le choix de […]

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Anish Kapoor, victime de la Manif pour tous?

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Pour être tout à fait honnête, je n’avais pas l’intention d’écrire sur l’exposition Anish Kapoor à Versailles. Non que je ne sois pas sensible au travail du sculpteur anglais (encore que ses miroirs concaves qu’il a essaimés dans le monde entier ont un peu fini par me lasser), mais il me semble que la presse l’a suffisamment fait, qu’il y a autre chose à découvrir et à faire connaître et que cette exposition-ci ne constitue qu’une redite, certes efficace, mais peu novatrice, de son travail. Et puis les scandales qui accompagnent systématiquement les expositions d’art contemporain à Versailles (le cœur […]

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Venise 2: les pavillons nationaux et Danh Vo

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Je vous parlais hier de la très politique et très ambitieuse exposition centrale de la Biennale de Venise due à Okwui Enwezor, All The Word’s Futures. Dans les Giardini, le ton est un peu différent. Car la programmation des pavillons nationaux, on le sait, n’est pas du ressort du commissaire invité, mais des pays participants. Certains, toutefois – hasard ou volonté délibérée ?-, ont des thématiques qui s’apparentent à celle développée par la grande exposition. C’est le cas du pavillon belge, le 1er pavillon national construit, d’ailleurs, dans les Giardini, qui a été confié cette année à l’artiste Vincent Meesen. Celui-ci […]

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Venise 1: la Biennale politique d’O. Enwezor

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En faisant appel à Okwui Enwezor pour être le commissaire de l’exposition centrale, on se doutait que cette 56e Biennale de Venise n’allait pas tout à fait être comme les autres. Car l’homme, né au Niger, mais ayant longtemps vécu à New York avant de diriger la Haus der Kunst de Munich et qui a été responsable, entre autres, de la Triennale Intense Proximité au Palais de Tokyo en 2012, est connu pour ses engagements politiques, son rapport au réel, son goût pour les oeuvres qui témoignent puissament de notre temps. Et on n’est pas déçu, car la manifestation monstre […]

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Laura Lamiel ose le cuivre

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En décembre 2013, je vous parlais de Noyau dur et double foyer, la très belle exposition que Laura Lamiel, cette artiste dont on avait un peu perdu la trace, mais que sa galerie, Marcelle Alix, remettait sur le devant de la scène, avait réalisée pour La Galerie, le centre d’art de Noisy-le-Sec (http://larepubliquedelart.com/de-lautre-cote-du-perif/). Depuis, la carrière de l’artiste a repris de l’essor, elle a exposé, entre autres, au Kunstverein de Langenhagen en Allemagne et une autre galerie, Silberkuppe, la représente désormais à Berlin. Aujourd’hui, elle fait halte à Bruxelles où elle présente sous la Verrière de la Fondation Hermès, dans […]

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Patrick Faigenbaum dans l’intimité indienne

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Patrick Faigenbaum est un portraitiste. C’est en tous cas comme cela qu’il s’est fait connaître, dans les années 80, avec ses très belles séries de photos en noir et blanc de familles nobles italiennes, qu’il faisait poser de manière très hiératique dans les maisons qui étaient les leurs. Mais il a aussi photographié des paysages et des villes comme Prague, il y a quelques années, placée sous l’ombre de Kafka, Tulle ou Santulussurgiu, ce village de Sardaigne d’où sa compagne est originaire et où vivent encore ses proches. Quoiqu’il en soit, qu’il s’agisse de gens ou de lieux, que les […]

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Charlotte Salomon, retour aux sources

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Il a beaucoup été question, ces derniers temps, de Charlotte Salomon, cette artiste allemande morte en déportation à Auschwitz, à l’âge de 26 ans, alors qu’elle était enceinte de cinq mois. D’abord par Charlotte, le livre de David Foenkinos qui retrace son existence et qui a obtenu plusieurs prix littéraires, dont le Renaudot, l’an passé. Ensuite, par Charlotte Salomon, l’opéra de Marc-André Dalbavie, qui a été créé, l’été dernier, au Festival de Salzbourg, dans une mise en scène de Luc Bondy. Enfin par toutes les expositions de son œuvre Leben ? Oder Theater ? (Vie ? Ou Théâtre ?), qui ont été présentées un […]

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Carol Rama, la scandaleuse

Carol Rama, la scandaleuse

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Dans un précédent billet, je vous parlais d’Ethel Adnan, cette artiste-écrivain de 90 ans qui expose depuis les années 60, mais dont le travail n’a été véritablement reconnu que récemment (cf http://larepubliquedelart.com/le-savoir-faire-et-le-coeur/). Une autre artiste exposée actuellement à Paris aura aussi attendu un âge avancé  avant de trouver la reconnaissance internationale : Carol Rama. Il faut dire que l’Italienne, aujourd’hui âgée de 97 ans, aura produit une œuvre inclassable, hors de toutes les écoles et de tous les mouvements, même si elle en a côtoyé certains, et qui aura heurté par sa brutalité, sa crudité, son goût affirmé pour la sexualité. […]

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Marcel Broodthaers, exposer c’est créer

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On connaît mal en France l’œuvre de Marcel Broodthaers, cet artiste belge né 1924 et mort en 1976, âgé seulement de 52 ans. Sa dernière rétrospective, au Jeu de Paume à Paris, remonte à 1991. Pourtant, même bref, celui-ci a eu une importance considérable dans l’histoire de l’art du XXe siècle et influencé de nombreux jeunes artistes, dont Tacita Dean et Danh Vo. Situé à la croisée du Pop, du conceptuel, du minimal et de Fluxus, il se caractérise surtout par la réflexion qu’il établit entre l’œuvre d’art et la valeur marchande et sa manière de faire de l’exposition une œuvre […]

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